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Musculation et mortalité : ce que montre l'étude sur 147 000 adultes
Une étude sur 30 ans et 147 000 adultes précise la dose de musculation la plus efficace contre la mortalité : 90 à 120 minutes par semaine.
Le 2 juin 2026, le British Journal of Sports Medicine a publié la plus grande étude jamais menée sur le lien entre musculation et mortalité : 147 374 adultes suivis jusqu’à 30 ans. Résultat central, chiffré précisément pour la première fois : 90 à 120 minutes de musculation par semaine réduisent le risque de décès de 13 %, avec un plateau au-delà de ce volume. Voici ce que dit réellement l’étude, et ce que ça change pour votre programme.
Cet article résume les résultats d’une étude scientifique publiée. Il ne constitue pas un avis médical : pour toute décision de santé individuelle, notamment en cas de pathologie cardiovasculaire, neurologique ou de traitement en cours, l’interlocuteur légitime reste un professionnel de santé.
D’où vient cette étude
L’étude, intitulée Long-term resistance training with all-cause and cause-specific mortality: assessing dose-response and joint associations with aerobic physical activity, s’appuie sur trois grandes cohortes américaines suivies sur le long terme : la Health Professionals Follow-up Study (1992-2022), la Nurses’ Health Study (2002-2021) et la Nurses’ Health Study II (2003-2021). Au total, 31 540 hommes et 115 834 femmes, âgés en moyenne de 54 ans à l’inclusion, ont rempli un questionnaire sur leur activité physique tous les deux ans pendant jusqu’à trente ans. Sur cette période, 35 798 participants sont décédés, ce qui donne à l’étude une puissance statistique inédite pour ce type d’analyse dose-réponse.
C’est ce recul de plusieurs décennies, associé à un échantillon aussi large, qui distingue cette étude des travaux précédents sur le sujet : elle ne se contente pas de dire que la musculation « aide », elle chiffre la dose à laquelle le bénéfice apparaît, plafonne, et pour quelles causes de décès précisément.
Ce que montrent les chiffres
La dose optimale : 90 à 120 minutes par semaine
Les participants pratiquant entre 90 et 119 minutes de musculation par semaine affichent une réduction de :
- 13 % du risque de mortalité toutes causes confondues
- 19 % du risque de décès d’origine cardiovasculaire
- 27 % du risque de décès d’origine neurologique
Au-delà de 120 minutes hebdomadaires, l’étude ne détecte aucun bénéfice supplémentaire : le risque ne continue pas de baisser, il se stabilise. Doubler son volume de musculation au-delà de deux heures par semaine n’apporte donc pas de protection additionnelle mesurable sur la mortalité, même si d’autres objectifs (force, hypertrophie) peuvent justifier un volume plus élevé.
Même à faible dose, l’effet est présent
Point notable pour les pratiquants occasionnels : une dose faible de musculation, entre 1 et 59 minutes par semaine, est déjà associée à une réduction de 7 à 11 % de la mortalité toutes causes. Sur le cancer spécifiquement, l’effet est même plus marqué à faible dose : 21 % de réduction entre 1 et 29 minutes par semaine, et 18 % entre 30 et 59 minutes. Autrement dit, un minimum de musculation vaut mieux qu’aucune, et les premières minutes hebdomadaires sont celles qui rapportent le plus.
La combinaison avec l’aérobie change tout
L’étude a aussi croisé la musculation avec l’activité aérobie (mesurée en MET-heures par semaine). Résultats des associations les plus protectrices :
| Profil d’activité | Réduction de la mortalité toutes causes |
|---|---|
| Aérobie seule (plus de 7,5 MET-h/semaine) | 26 à 43 % |
| Musculation seule (1 à 59 min/semaine) | 7 à 11 % |
| Aérobie (30 à 44 MET-h/semaine) + musculation (60 à 119 min/semaine) | 45 % |
| Aérobie (45 MET-h/semaine et plus) + musculation | 53 à 58 % |
Le message des auteurs est sans ambiguïté : la musculation et le cardio ne sont pas interchangeables, ils sont complémentaires. Ajouter de la musculation réduit encore le risque de mortalité à tous les niveaux d’aérobie, jusqu’à 45 MET-heures par semaine.
Les limites reconnues par les auteurs
L’étude repose sur trois biais que les chercheurs eux-mêmes signalent, et qu’il faut garder en tête avant de tirer des conclusions définitives :
- Auto-déclaration. Les données d’activité physique viennent de questionnaires remplis par les participants, pas de mesures objectives (montre connectée, journal d’entraînement supervisé).
- Activités exclues du calcul. Des pratiques comme le Pilates n’entrent pas dans la catégorie « musculation » de l’étude, ce qui peut sous-estimer l’activité réelle de certains participants.
- Ni durée de séance ni intensité. L’étude compte des minutes hebdomadaires déclarées, sans détail sur l’intensité des séances ni sur la manière dont ce temps est réparti dans la semaine.
Ce que l’étude suggère, sans en faire une prescription
- 90 à 120 minutes de musculation par semaine est la fourchette où l’étude observe l’essentiel du bénéfice associé à la mortalité. Réparties sur 2 à 3 séances, elle recoupe ce que proposent déjà la plupart des programmes structurés présentés sur ce site, sans que cela en fasse un objectif de santé à atteindre à tout prix.
- Le volume au-delà de deux heures n’est pas associé à un bénéfice supplémentaire dans cette cohorte, uniquement sur le critère de mortalité étudié. Le nombre de séries par semaine pour l’hypertrophie répond à une autre question, avec d’autres repères.
- Une dose faible reste associée à un bénéfice dans l’étude, y compris quelques dizaines de minutes hebdomadaires, en particulier sur le risque de cancer observé dans cette cohorte.
- L’étude associe les meilleurs résultats à la combinaison musculation et aérobie, pas à la musculation seule. C’est une observation statistique sur cette population, pas une règle universelle applicable à chaque situation individuelle.
Ce qu’il faut retenir
- Une étude du British Journal of Sports Medicine (2 juin 2026), menée sur 147 374 adultes suivis jusqu’à 30 ans, chiffre pour la première fois la dose de musculation la plus efficace contre la mortalité.
- 90 à 120 minutes de musculation par semaine réduisent le risque de décès de 13 % toutes causes, 19 % pour les causes cardiovasculaires et 27 % pour les causes neurologiques.
- Au-delà de 120 minutes par semaine, aucun bénéfice supplémentaire n’est observé sur la mortalité.
- Même une dose faible (moins d’une heure par semaine) est associée à un bénéfice mesurable, en particulier contre le cancer.
- La combinaison musculation + aérobie reste la plus protectrice, jusqu’à 58 % de réduction du risque de mortalité toutes causes pour les niveaux d’activité les plus élevés.
FAQ
Faut-il s'entraîner exactement 90 à 120 minutes par semaine ?
C'est la fourchette où le bénéfice sur la mortalité est maximal d'après cette étude, mais elle ne fixe pas un minimum obligatoire ni un plafond strict pour tous les objectifs. Si votre but est aussi la prise de muscle ou la force, un volume plus élevé reste pertinent : cette étude mesure uniquement la mortalité, pas l'hypertrophie.
Est-ce que plus de musculation est nocif après 120 minutes ?
Non, l'étude ne montre pas d'effet négatif au-delà de 120 minutes hebdomadaires, seulement une absence de bénéfice supplémentaire mesurable sur la mortalité. Rien n'indique qu'un volume plus élevé soit dangereux, simplement qu'il ne réduit pas davantage le risque de décès dans cette cohorte.
La musculation seule suffit-elle, sans cardio ?
Elle apporte un bénéfice réel à elle seule, mais les réductions de mortalité les plus importantes de l'étude viennent de la combinaison musculation et activité aérobie. Négliger complètement le cardio revient à se priver d'une partie de la protection observée.
Ces résultats s'appliquent-ils à tout le monde ?
L'étude porte sur des adultes américains suivis sur plusieurs décennies, avec une majorité de femmes issues de professions de santé. Les mécanismes biologiques en jeu (masse musculaire, santé cardiovasculaire, fonction cognitive) sont généralisables, mais les chiffres précis peuvent varier selon l'âge, le sexe et l'état de santé initial.
Sources
- Long-term resistance training with all-cause and cause-specific mortality: assessing dose-response and joint associations with aerobic physical activity. British Journal of Sports Medicine, publié le 2 juin 2026. DOI : 10.1136/bjsports-2025-110503.
- EurekAlert! (BMJ Group), 90-120 weekly minutes of strength training may be optimal for lowering death risk, communiqué de presse, juin 2026.
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